Quand on écoute Urien et Sélim Minuty parler de vélo, il y a un mot qui revient constamment : ensemble.Entre Sierre, le Val d’Anniviers et les sentiers qui les ont vus grandir, les deux frères ont passé une bonne partie de leur vie sur un vélo. Des premiers tours de roue à St-Luc jusqu’aux Coupes du Monde d’enduro, ils ont toujours avancé côte à côte, se poussant mutuellement à progresser sans jamais perdre le plaisir qui les a fait tomber amoureux du sport.Aujourd’hui, à seulement 19 et 21 ans, ils évoluent déjà parmi les meilleurs riders de leur génération. Mais derrière les résultats, on découvre surtout deux passionnés qui parlent de voyages, de trails mythiques, de copains, du Canada et de journées parfaites passées à rouler.Alors on a pris un moment avec eux pour parler vélo, frère, World Cups, Canada… et tout ce qu’il y a autour.

CAREER MILESTONES

  • 3ème place pour Sélim à la coupe du monde VTT Open à Crans Montana
  • Premier podium en Coupe du monde pour Urien
  • Urien vive aussi un grave accident avec 12 fractures à Laax
  • Uri est devenu Champion suisse
  • Les frères partent au Canada pour un road trip VTT de rêve
  • Urien est devenu Champion valaisan

Quand on vous voit rouler aujourd’hui, on sent qu’il y a beaucoup d’engagement et d’expérience derrière. Pour revenir au début : comment le vélo est-il entré dans votre vie ? Quel a été votre chemin jusqu’ici ?

Urien : J’ai commencé le vélo de descente à 7 ans avec mon frère à St-Luc. J’ai fait environ 10 ans de descente, puis je me suis dirigé vers l’enduro grâce à un ami qui nous a proposé de nous montrer des chemins. Ensuite, j’ai petit à petit commencé les courses et j’ai aimé l’adrénaline et l’ambiance, donc j’ai continué.

Sélim : Un ami de mon frère et moi nous a proposé de faire du vélo au bike park de St-Luc car il y avait des cours de vélo et c’est comme ça qu’on a commencé à faire du bike. On a ensuite rencontré Per dans le funiculaire de St-Luc qui nous a fait découvrir le pédalage et les grosses missions en enduro. On a tout de suite adoré. Puis, en 2022, il y avait la Coupe du monde à Crans-Montana et je me suis dit : « Allez, pourquoi pas faire la course en amateur ». J’ai beaucoup aimé l’ambiance de course et depuis je n’ai pas arrêté les courses.

Vous avez grandi ensemble — est-ce que vous avez toujours roulé ensemble aussi ?

Sélim : Oui, on n’a jamais arrêté de rouler ensemble et de se pousser l’un l’autre pour s’améliorer. Je pense que le fait d’avoir toujours roulé les deux nous a aussi beaucoup aidé à arriver au niveau que nous avons maintenant.

Urien : Oui, on a passé nos week-ends ensemble et les vacances, donc on a toujours roulé ensemble, ce qui a permis de nous motiver et on a pu s’améliorer rapidement grâce à cela.

Est-ce qu’il y a un moment où tu t’es dit : “ok, là ça devient sérieux” ?

Sélim : Oui, après Crans-Montana 2023, j’ai été sélectionné dans l’équipe suisse d’enduro pour l’année 2024. Je n’avais pas conscience de mon niveau à ce moment-là.

Urien : Lorsque j’ai vu mon potentiel à la première compétition, j’ai croché et j’ai compris que si je voulais rivaliser avec les meilleurs, il fallait que je m’entraîne physiquement et c’est là que c’est devenu plus sérieux.

On comprend déjà que le vélo a pris une place importante dans vos vies. Mais ce qui ressort aussi beaucoup, c’est votre relation de frères.

Qu’est-ce que ça change d’avoir son frère à ses côtés dans un sport comme l’enduro ?

Sélim : Ça permet de toujours aller rouler même quand tu n’es pas trop motivé parce que l’autre a envie de rouler et tu te dis : « allez, pourquoi pas ». C’est aussi rassurant au niveau de la sécurité en cas de problème, comme on n’est jamais seul. Mais surtout, ça nous pousse l’un l’autre à être meilleur.

Urien : Ça permet de progresser rapidement car on peut se pousser vers le haut et se conseiller ! Ça permet aussi de se motiver et garder une bonne ambiance.

Est-ce qu’il y a déjà eu de la rivalité entre vous ? Ou au contraire toujours du soutien ?

Sélim : Non, on n’a jamais eu de rivalité en enduro. On se soutient pour que l’autre se dépasse.

Urien : Il y a de bonnes rivalités positives, jamais négatives, on s’est toujours soutenus et poussés vers le haut.

Décris le riding de ton frère en trois mots.

Sélim : Rapide, smooth, steely.

Urien : Calme, précis, legitness 😂

Qu’est-ce que ton frère fait mieux que toi ?

Sélim : Il arrive à penser à rien d’autre que la course pendant la compétition.

Urien : Il retient facilement les lignes et trajectoires.

Et inversement… quel est son plus gros défaut ? 

Sélim : Il est très têtu.

Urien : [no comment]

On a déjà parlé de vos débuts et de votre relation de frères. Mais dans chaque parcours, il y a souvent un moment qui change un peu la suite de l’histoire. Y a-t-il un moment dans le parcours qui a tout changé ?

Sélim : Tout a changé, je ne pense pas, mais quand j’ai été sélectionné par l’équipe suisse, les choses sont devenues sérieuses et il a fallu faire un choix, soit de commencer les compétitions sérieusement, soit de continuer à rouler pour le plaisir.

Sélim, ta sélection dans l’équipe suisse, on imagine que ça a dû être un moment assez spécial. J’aimerais revenir un instant dessus. Quand tu as appris cette grande nouvelle, où étais-tu ? Tu étais en train de faire quoi ? On aimerait revivre ce moment avec toi. 

Sélim : Je devais être à la maison vers le mois de novembre lorsqu’ils ont annoncé la sélection suisse. J’ai été ajouté dans un groupe Swiss Cycling où ils ont envoyé la liste de la sélection et nous ont demandé de ne rien dire avant la semaine suivante, lorsque l’annonce se ferait publiquement.

Tu te rappelles de ta réaction directe et de ce que tu as ressenti ?

Sélim : J’étais super content et je suis directement allé montrer à ma maman. J’ai ressenti une immense joie !

Uri en full speed dans la descente.
⸻ RAPID - SMOOTH - STEELY
Sélim dans une compète enduro.
⸻ CALME - PRÉCIS - LEGITNESS

Et Uri, y a-t-il un moment dans ton parcours qui a tout changé ?

Urien : En 2023, lorsque j’ai eu 12 fractures et un pneumothorax lors d’un accident, j’ai réalisé à quel point l’entraînement physique et la récupération étaient importants pour éviter les grosses blessures.

On imagine que ça n’a pas été une période facile. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?

Urien : Je suis tombé à Laax lors d’une coupe suisse d’enduro. J’ai glissé sur la roue avant et je me suis écrasé sur l’avant.

Est-ce que c’était avant ou après tes premières grosses courses / podiums en Coupe du Monde ? 

Urien : C’était une année avant que je fasse les coupes du monde et mon podium à Loudonville.

Qu’est-ce qui se passait dans ta tête pendant cette période ? Comment tu es revenu de ces blessures ?

Urien : Au début, sûrement à cause des dégâts, j’étais assez démotivé et je ne voulais plus faire de vélo. Mais petit à petit j’ai pu reprendre le sport et je suis remonté sur mon vélo, ce qui m’a vraiment motivé à reprendre sérieusement les courses !

Est-ce qu’il y a quelque chose que cet accident a changé dans ton approche du sport aujourd’hui ?
Urien : Je pense que j’ai pris conscience de l’importance des entraînements physiques pour éviter les dégâts et j’ai aussi appris à gérer les risques lors des compétitions.

On est trop content de te voir de nouveau sur le vélo et encore plus fort qu’avant! Vraiment, bravo!

Quand vous pensez un peu aux dernières années, vous vous rappelez une galère, un voyage ou un moment drôle qui vous a marqué ?

Sélim : Notre voyage au Canada en 2024 où on était que les deux pendant trois semaines au paradis du VTT !

Urien : On a voyagé en van pour faire du vélo, ça nous a beaucoup rapprochés et c’était une bonne expérience.

Ça a l’air de vous avoir vraiment marqués ! Vous avez fait quoi exactement là-bas ? Plus d’entraînement, de découverte, de trip entre frères ? C’était quoi un peu l’itinéraire ?

Urien : Le but c’était de partir pour s’entraîner et découvrir des spots stylés. On a atterri à Vancouver puis on a été à Whistler quelques jours pour une course d’enduro, puis on a été à Squamish puis à Pemberton et Sun Peaks.

Sélim : C’était trois semaines en van, notre premier grand voyage outre-mer, les deux sans parents. On a été en Colombie-Britannique pour faire du vélo à Whistler. On a fait la course d’enduro des Crankworx de Whistler. Ensuite Squamish, Pemberton, Sun Peaks et enfin Vancouver. On a fait beaucoup de vélo et pas beaucoup de visites touristiques.

C’est quoi LE moment le plus absurde, drôle ou mémorable des 3 semaines ?

Urien : c’était drôle car j’avais 18 ans donc je ne pouvais pas rentrer dans les restaurants 😂

Sélim : On était au bord d’un lac sur la route de Sun Peaks, couché de soleil, quand on a vu et entendu un aigle royal. C’était vraiment stylé.

Et pour quelqu’un qui rêve d’aller rider là-bas un jour : un conseil ou un (ou plusieurs) spot(s) incontournable(s) ?

Sélim : Prends ton billet tout de suite, mais fais attention : pas sûr que tu veuilles revenir en Suisse après le voyage. Si tu peux y aller pendant les Crankworx de Whistler, fonce. C’est le plus grand festival de vélo dans le lieu le plus mythique du vélo de descente. Prends au minimum trois semaines si tu veux vraiment avoir le temps de rouler et de découvrir la région en plus. Je pense aussi que la Colombie-Britannique est le meilleur endroit pour un trip à vélo. Il y a des spots pour rouler partout, et ils sont tout aussi bien les uns que les autres.

Urien : Je conseille clairement les spots là-bas. Whistler, c’est vraiment un spot pour l’enduro et le DH, et il faut aller aux Crankworx : l’ambiance est insane. Squamish, c’est vraiment bien pour l’enduro, et Sun Peaks, c’est plus un bike park, mais c’est vraiment bien aussi. Le mieux, c’est de se déplacer en bus pour aller facilement d’un spot à l’autre et de rester quelques jours sur place pour avoir le temps de tout rouler.

Uri au Crankworx.

Vous parlez beaucoup de voyage, de découverte et de plaisir de rouler. Ça nous donne envie de comprendre comment vous abordez le vélo aujourd’hui.

Quand tu arrives sur une spéciale, qu’est-ce que tu regardes ou ressens en premier ?

Sélim : Le flow de la piste et les lignes.

Urien : Je repense à la trajectoire importante et je ressens de l’excitation car j’ai envie de rouler.

Tu es plutôt “attaque directe” ou “analyse et stratégie” avant un run ?

Sélim : Analyse & stratégie.

Urien : Pareil.

Est-ce qu’il y a un type de terrain qui te correspond particulièrement ?

Sélim : Terrain cassant plein de racines et technique, ainsi que les trails lisses et rapides.

Urien : Étant donné que j’ai roulé 10 ans en bike park je suis à l’aise dans les virages et la technique.

Quel est le type de trail ou de journée de vélo où tu te sens le plus “à ta place” ?

Sélim : Mission d’une journée complète avec portage et des chemins variés entre techniques et rapides.

Urien : J’aime partir le matin et découvrir de nouveaux trails.

Il y a une ligne, une spéciale, une course ou un spot qui t’a particulièrement marqué ? Pourquoi ?

Sélim : Whistler, Canada. Parce qu’il y a toutes sortes de trails pour tous les niveaux et l’endroit est absolument splendide.

Urien : Le night stage à la Thuile, on a eu une spéciale, de nuit, éclairée avec des spots, c’était vraiment cool et j’ai fait un de mes meilleurs résultats.

Quel est le plus gros “send” ou le moment où tu t’es dit : “ouf, là c’était engagé” ? 😅

Sélim : La première fois que j’ai fait les énormes tables de Whistler, je suis parti sur l’avant sur la première table de la ligne. J’ai vraiment cru que j’allais passer par-dessus le vélo. C’était chaud. Le temps en l’air était interminable.

Urien : Une fois au Canada, je suivais Sélim sur une piste et au lieu de freiner et amortir une bosse, on l’a sautée et on est allé beaucoup trop loin à l’atterrissage – on a plié une vis de l’amortisseur.

Bon, après avoir plié une vis d’amortisseur, il faut quand même poser la question… qui passe le plus de temps à bricoler / régler son vélo ? Ça doit avoir pris une belle session de mécano. 

Sélim : Urien est mécanicien de vélo, donc il passe beaucoup de temps avec les vélos. Après, j’aime beaucoup que mon vélo soit aux petits oignons, donc je passe beaucoup de temps à le peaufiner.

Urien : Je passe plus de temps sur mon vélo car j’aime qu’il soit parfait pour que je n’ai pas besoin de penser à la mécanique lorsque je roule.

Et qui casse le plus de matériel ? 👀

Urien : Je pense que c’est kiff kiff.

Sélim : Je pense que c’est à peu près égal. On ne casse pas énormément de matériel.

Si tu devais résumer ton frère en une phrase, tu dirais quoi ?

Sélim : Fast as Fuck boooooy

Urien : Beau mâle 😂

Qui est le plus stressé avant une course ?

Urien : Entre nous deux, personne ne stresse mais peut-être Sélim un peu plus.

Sélim : Moi, mais Urien a 0 stress donc facile d’être plus stressé que lui 😂

Qui est le plus propre / fluide sur le vélo ? Et qui est le plus “ça passe ou ça casse” ?

Sélim : Urien est vraiment fluide et propre mais j’ai le même style de ride que lui, juste pas encore à ça vitesse hahaha.

Urien : Je pense que je suis plus propre et fluide, mais je pense qu’aucun de nous n’est sketchy.

Si tu devais choisir ton frère comme coéquipier pour une aventure de 3 jours en montagne… bonne idée ou catastrophe ? 

Sélim : Très bonne idée.

Urien : Bonne idée car il réfléchit beaucoup à comment procéder et à tous les détails.

Aujourd’hui, vous roulez dans des Coupes du Monde et des compétitions internationales. Vu de l’extérieur, ça peut sembler impressionnant. On aimerait comprendre un peu comment vous vivez tout ça de l’intérieur.

Quel est le plus gros mythe sur les World Cups / le haut niveau en vélo ?

Urien : Parfois on peut penser que les pros sont surhumains, mais je pense que tout le monde a sa chance.

Sélim : Que les pilotes les plus rapides ne sont pas atteignables dans le sens où c’est comme des superstars de foot. Alors que ce sont des personnes comme les autres qui adorent le vélo, comme nous.

Comment décrirais-tu ton rapport à la compétition ?

Sélim : J’aime beaucoup le fait de repousser ses propres limites et la compétition est un bon moyen d’y parvenir.

Urien : J’aime faire des compétitions pour l’ambiance et l’adrénaline, mais pour moi le plus important est de se faire plaisir et de ne pas tomber dans le côté négatif.

Comment gères-tu la pression avant un départ, une spéciale ou une course importante ?

Sélim : J’ai la chance de ne pas avoir beaucoup de stress ou de pression, mais j’aime faire des respirations pour me concentrer.

Urien : J’ai une routine d’échauffement qui permet de me concentrer, mais je ne me mets pas la pression, donc j’arrive facilement à me mettre dans le mood.

Quand on regarde une vidéo ou un résultat, on voit la vitesse. Mais qu’est-ce que les gens ne voient pas derrière ?

Sélim : L’investissement que nous devons mettre pour rouler à ce niveau. Cela demande énormément d’heures sur et à côté du vélo. Entre les entraînements et les voyages pour les courses. C’est beaucoup de sacrifices pour se permettre de rouler à ce niveau, mais pour être au top level, il n’y a pas le choix.

Urien : Tout l’aspect extérieur, les sacrifices pour en arriver là !  Tout le temps pour chercher des sponsors et du soutien, les entraînements physiques et mentaux, arriver à gérer le sport et le travail et le temps aussi pour faire la mécanique ! Donc tout le travail derrière en général.

Bon, on a beaucoup parlé de vélo jusqu’ici (et on va probablement encore en reparler juste après). Mais on aimerait aussi jeter un coup d’œil en dehors des compétitions et des entraînements. Qui êtes-vous quand vous ne roulez pas ?

Sélim : Un jeune passionné qui aime le sport et la nature.

Urien : Je dors 😂 sinon je suis toujours sur mon vélo.

Qu’est-ce que représente indi. pour toi, et pourquoi ça a fait sens d’y être associé ?

Sélim : Une marque faite par des passionnés de la montagne et du style. J’aime représenter des marques locales du Val d’Anniviers sur la scène internationale et surtout je trouve les habits indi. vraiment stylés. C’est aussi plus qu’un sponsoring, mais une communauté de passionnés de sport de montagne et de bons potes, et je trouve ça génial.

Urien : Pour moi, indi c’est une marque stylée, éco-responsable et surtout locale – c’est pour cela que ça fait du sens pour moi de les soutenir et qu’ils me soutiennent.

Le vélo a une vraie culture — style, musique, vidéos, communauté, trips, mécanique… Qu’est-ce qui t’attire le plus dans cet univers au-delà du sport lui-même ?

Sélim : La connexion avec le monde extérieur et la nature. C’est tellement facile de passer des journées dans les montagnes à respirer l’air frais. La communauté est très cool aussi. C’est très facile de rencontrer de nouveaux riders même à l’autre bout du monde.

Urien : Je trouve que l’ambiance du sport et de la culture est très chill et que malgré les compétitions, on arrive à rester tous bon délire sans se mettre des bâtons dans les roues (sans mauvais jeux de mots).

Comment trouves-tu l’équilibre entre le sport, la vie perso et le reste ?

Sélim : Ce n’est pas facile parce que le vélo demande énormément de temps. Mais lorsque j’ai des jours de repos, j’en profite pleinement pour être avec mes proches.

Urien : C’est très compliqué de trouver l’équilibre pour pouvoir avoir assez de revenus pour vivre mais aussi avoir du temps pour son sport et se donner à fond pour rivaliser avec les meilleurs qui, eux, peuvent en vivre.

Si tu devais résumer ton univers vélo avec 3 objets — qu’est-ce qu’on trouverait dans ton sac ou ton van ?

Sélim : une limonade, des bars de prot’, un multitool.

Urien : Un multitool, un casque, un four à raclette 😂.

On a tous eu quelqu’un ou quelque chose qui nous a donné envie de rêver un peu plus grand. Il y a une vidéo, un rider ou un moment qui t’a particulièrement inspiré ?

Urien : Lorsque j’ai commencé à côtoyer les meilleurs et à discuter avec eux, ça m’a beaucoup inspiré.

Sélim : Oui, mon frère.

Le vélo t’a amené quoi que tu ne t’attendais pas à trouver ? Et qu’est-ce que le vélo t’a appris ?

Sélim : Des rencontres inoubliables et une manière de découvrir le monde incroyable. Si tu veux vraiment quelque chose, donne-toi les moyens d’y parvenir !

Urien : Ça m’a appris beaucoup de choses et ça a forgé ma personnalité ! J’adore voyager pour mon sport et découvrir de nouvelles choses en voyage.

Tu peux faire une sortie avec n’importe quel rider du monde — qui tu choisis ?

Sélim : Dan Booker, mais les meilleures sorties sont avec les copains.

Urien : Avec les G’s, ce sont les meilleures sorties.

Le vélo vous a amené aux World Cups aujourd’hui. Si vous pouviez parler à votre “vous” de 10 ans, qu’est-ce que vous lui diriez ?

Sélim : Le meilleur moyen d’aller vite c’est de se faire plaisir – “fun is fast”

Urien : Que si on a vraiment la détermination, on peut faire beaucoup de choses malgré les obstacles.

Sur quoi te concentres-tu en ce moment, sportivement et personnellement ?

Sélim : Je vais commencer l’université en sport au mois de septembre. Je dois donc m’entraîner pour les examens d’entrée au mois de juin. J’en profite pour faire une saison complète d’enduro à haut niveau, donc cet été c’est full vélo.

Urien : Je continue à chercher des solutions pour m’améliorer, on commence les coupes du monde donc j’essaie de faire de mon mieux pour ne pas me surcharger.

Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus pour la suite ?

Sélim : J’ai encore plein de choses à apprendre et à découvrir.

Urien : Je vois petit à petit des améliorations donc ça me motive pour la suite.

Et pour terminer, on va vous laisser rêver un peu. Quand tu penses à une journée parfaite de ride — elle se passe comment ?

Sélim : Déjà ça serait au Canada à Whistler. Petite montée à la pédale le matin du côté Blackcomb trempette dans le lac à midi et bike Park laps l’aprèm jusqu’à 19h.

Urien : Une journée à Whistler avec les copains et la petite baignade du soir au lac.

Un dernier mot pour les lecteurs et lectrices indi. ?

Sélim : Vive le bike !

Urien : La bicyclette c’est cool !


Au fil de cette conversation, on a beaucoup parlé de vélo, de World Cups, de voyages, du Canada, de mécanique et de sentiers. Mais ce qui reste surtout, c’est cette impression de deux frères qui ont construit leur parcours à force de travail, de persévérance et de passion.Derrière les résultats, il y a les heures d'entraînement, les sacrifices, les blessures, les kilomètres parcourus et la recherche constante de solutions pour continuer à progresser. Rien ne semble leur avoir été offert. Pourtant, malgré les exigences du haut niveau, ils parlent encore de vélo avec la même envie qu'au premier jour.Au fond, on repense à une phrase que Sélim a dit au cours de cette conversation : « Fun is fast. »Après avoir passé un moment avec eux, on a l'impression que cette phrase résume assez bien leur approche. Travailler dur, viser haut, mais sans jamais perdre le plaisir qui les a fait commencer.On se réjouit de suivre la suite de leurs aventures — sur les sentiers du Val d’Anniviers, quelque part au Canada, ou au départ d’une prochaine Coupe du Monde ! 

Auteure: Celina Weber

Date: 17.06.2026

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