Snowboardeur en freeride et membre du SQUAD indi., Rémi Benamo s’est imposé comme l’un des riders les plus excitants de Suisse en ce moment. Né au Sri Lanka et ayant grandi dans les Alpes valaisannes, il a fait évoluer son riding des montagnes locales à la scène internationale - participant aujourd’hui à sa deuxième saison sur le Freeride World Tour, tout en traçant des lignes big-mountain puissantes autour de Zinal et bien au-delà. Le riding de Rémi parle de lui-même. Mais derrière son style se cache un athlète façonné, au fil des années, par la curiosité, l’expérience et une connexion profonde à la montagne. Alors que cet hiver marque sa 20ᵉ saison sur un snowboard, nous avons eu le privilège de parler avec lui de son parcours, de sa philosophie du freeride et de ce vers quoi il se projette pour la suite.

CAREER MILESTONES

Les premières virages sur le Snowboard

  • première compétition en Ski Freeride sur le circuit FWT Junior
  • première compétition en Snowboard Freeride sur le circuit FWT Junior
  • première saison sur les FWT Qualifiers
  • qualification pour les FWT Challengers Region 1 (équivalent aux finales du Coup d’Europe)
  • 1ère place FWT Challenger Obertauern 2024
  • 2024 Vice Champion FWT Challenger Region 1
  • Qualification pour le Freeride World Tour 2025
  • 1ère saison sur le Freeride World Tour (équivalent au Coup du Monde en Freeride)
  • 2ème place FWT Val Thorens Pro 2025
  • 2ème saison sur le Freeride World Tour

Quand on voit tes résultats et tes vidéos, on sent bien ton évolution dans ta carrière de snowboard. Mais pour revenir au tout début, comment t’es-tu retrouvé dans le freeride ? Quel a été ton chemin jusqu’ici ?

Depuis que je suis enfant, j’ai toujours aimé rider sur les bords des pistes, j’allais toujours chercher les petits sauts à droite et à gauche. Mes parents m’ont proposé de me mettre au ski club mais j’ai refusé – je voulais juste m’amuser et rider avec mes amis tout en étant libre. Faire du freeride m’est venu naturellement, j’allais avec mon père en faire et je ne me suis jamais plaint. Je voulais juste y retourner. Je pense que j’ai ça dans le sang et que c’est naturel chez moi. 

On voit bien que cette passion coule dans tes veines. Quand tu traces tes lignes, comment décrirais-tu ton style de riding en trois mots ?

Rapide, Efficace, Solide.

Tu dis que rider avec tes amis en freeride t’a amené une certaine sensation de liberté. Qu’est-ce que la montagne représente pour toi ? Qu’est-ce qu’elle t’apporte ?

La montagne est autant mon terrain de jeux que ma maison. J’y passe la plupart de mon temps et j’essaie de l’apprendre le mieux possible. Elle est imprévisible, forte et recouverte d’endroits inexplorés. La montagne me passionne : comment elle se forme, les différents types de rochers qu’on peut y trouver et comment est-ce qu’ils se façonnent. La montagne est un endroit d’épanouissement où je peux pratiquer mes sports et aussi un terrain d’apprentissage en lien avec mes études.

Quand tu parles du freeride, on sent que c’est une passion profonde et pure. À la vue de ton chemin impressionnant et compétitif, on aimerait en savoir un peu plus sur ton approche. Quelle est, pour toi, la plus grande différence entre la compétition et la montagne “libre” ?

En compétition, on ne choisit pas sur quelle montagne on va descendre, on choisit seulement notre ligne afin d’exploiter au mieux la face pour avoir une bonne note. En montagne libre, on va choisir la montagne qui nous attire, une ligne qui nous attire – qui n’est pas forcément celle qui va nous faire devenir champion du monde – et de là, on évalue nous-mêmes les dangers. En compétition on n’a pas trop besoin de penser à ça.

On imagine qu’il y a aussi une certaine pression qui va de paire avec le fait d’être un athlète d’élite. Comment gères-tu la pression avant un départ ou une ligne engagée ?

En général je fais ça [le freeride] pour le plaisir donc si je sens la pression monter, je me calme en me disant que c’est ce que j’aime faire et que je suis là pour me faire plaisir. Donc à quoi est-ce que ça me sert d’être sous pression ? En général ça me permet de me calmer.

C’est très sage et un bon rappel pour tous ceux qui suivent leur passion. Pour être autant solide et rider aussi rapidement et efficacement, comment prépares-tu une saison, physiquement et mentalement ?

Je ne suis pas la personne la plus assidue dans ma préparation de saison… Cela fait qu’une année que j’essaie de faire un entraînement régulier à la salle de fitness pour prévenir d’éventuelles blessures. En revanche, j’essaie de garder une forme physique générale en faisant tout type de sport différent comme du vélo, du surf, du kitesurf, de la grimpe, du parapente, un peu de montagne etc…

Sa passion d'explorer avec son snowboard l'amène ailleurs comme ici en Géorgie
⸻ depuis 2006 

Quand tu penses à tes descentes des dernières années, est-ce qu’il y a un run ou une ligne qui t’a marqué plus que les autres ? 

Difficile à dire. Chaque ligne est différente. Mais je pense tout de même à une très belle ligne : la descente de la Pointe de Zinal dans environ 40 cm de neige fraîche, raide d’environ 45°-50°, à côté des séracs.

Y a-t-il un moment dans ta carrière qui a tout changé ?

Le moment où je me suis qualifié pour le World Tour a changé un peu le déroulement de ma carrière. Je voulais arrêter les compétitions, me concentrer sur mes études et revenir plus tard dans le snowboard. Mais en me qualifiant, j’ai accompli un rêve d’enfance. J’ai donc continué à suivre ce chemin et à mettre mes études un peu de côté.

On comprend bien que tu passes la plupart de ton temps sur la planche. Mais on aimerait aussi savoir, qui es-tu quand tu n’es pas en train de rider ?

Quand je ne ride pas, je fais des études d’ingénieur en dangers naturels. Je fais aussi beaucoup de vélo d’enduro, de parapente et j’aime passer du temps à la plage pour surfer ou faire du kite. 

Je joue aussi un peu de la guitare et j’essaie plein d’instruments différents. Je n’aime pas ne rien faire et être fatigué d’avoir rien fait. Donc j’essaie de m’occuper le plus possible en faisant tout type de sport différent (skate, pump foil, courir avec Celina, etc..).

Tout ce que tu fais est impressionnant pour beaucoup de gens mais on ne peut mesurer l’envers du décor. Il y a des choses pour toi que les gens ne voient pas forcément derrière ton sport – ou derrière ton compte Instagram ?

Les années de ride derrière moi et l’expérience que j’ai réussi à avoir en étant à l’extérieur. Les moments de peur, de doute et de frustration – les gens ne les voient pas. Ils ne voient pas non plus ces moments de méga bonheur, de satisfaction, de joie, de rire et de reconnaissance. Les gens voient en général une ligne et imaginent ce que je peux ressentir mais c’est totalement différent de ce que je ressens vraiment.

Qu’est-ce que représente indi. pour toi, et pourquoi ça fait du sens d’y être associé ? 

C’est Lucien qui m’a écrit un jour pour me parler du projet indi., une marque créée à Vissoie. Je me suis tout de suite dit que c’était trop cool de pouvoir montrer, à travers ce que je fais, ce que des amis du Val d’Anniviers arrivent à créer de stylé. Pour moi, indi., c’est avant tout une grande famille, hyper posée, qui s’entraide et qui est motivée. Des gens solides dans leur sport, sans se prendre la tête, et qui savent vivre. Faire partie d’indi., c’est une manière de partager le monde dans lequel je vis, avec des personnes qui me ressemblent et qui font les choses avec passion. Indi., pour moi, c’est être stylé dans l’outdoor.

Quels sont tes produits préférés chez indi. ?

Les sherpas, le pull Mountain Stuff et les casquettes. C’est un combo parfait pour être le mec ou la meuf le/la plus stylé,e 😉

Sur quoi te concentres-tu en ce moment, sportivement et personnellement ?

Pour le moment, j’essaie de passer le cut du FWT pour y participer l’année prochaine.

Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus pour la suite ?

D’aller faire une expédition de snowboard au Chili et de faire du snowboard. Parce que là, je suis en train de vous répondre mais ce que je préfère c’est faire du snowboard 🙂

Un dernier mot pour les lecteurs et lectrices indi. ? Quelque chose que tu aimerais ajouter ?

Peu importe ce que tu fais et ce qu’est ton rêve, ne baisse jamais les bras, donne tout pour y arriver. S’il y a des obstacles – c’est normal – il faut juste les passer et tu vas y arriver.

Et achète un peu des habits indi. Si tu veux être un peu plus stylé que ce que tu es déjà ! Parce que j’imagine que si tu es inscrit à la newsletter et que tu lis cet article, c’est que tu as envie d’être encore plus cool que ce que tu es.


Un immense merci à Rémi d’avoir pris le temps de s’asseoir avec nous et de partager, avec autant de sincérité, son parcours et sa manière de se déplacer en montagne. C’était un vrai plaisir de plonger dans son univers. On se réjouit de voir où son chemin le mènera ensuite - et de continuer à en faire partie. Et bien sûr, on croise les doigts pour la suite de sa saison et pour qu’il passe le cut !

Auteure: Celina Weber

Date: 10.02.2026

Peu importe ce que tu fais et ce qu’est ton rêve, ne baisse jamais les bras, donne tout pour y arriver.

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