Marie & Elsa Knuchel

Lorsque l’on voit Marie et Elsa Knuchel skier ensemble aujourd’hui, tout semble naturel : la même aisance sur les skis, le même regard tourné vers la montagne, la même envie de partager une ligne. Pourtant, leurs chemins ne se sont pas dessinés de la même manière.Nées à Bienne et aujourd’hui installées à Nods, les deux sœurs ont été mises sur des skis dès l’âge de deux ans par des parents passionnés de sport. Très tôt, la montagne devient un terrain commun. Marie choisit la voie exigeante du ski alpin et intègre le centre national de Brigue. Elsa, elle, explore le ski différemment, entre gymnastique, adolescence et une relation plus libre à la montagne.Avec le temps — et quelques tournants inattendus, comme un grave accident pour Marie ou la période du Covid — leurs trajectoires se rapprochent. Les comparaisons disparaissent et la complicité prend la place. Aujourd’hui, entre Zinal et le Chasseral, leurs montagnes maison, et entre ski, kitesurf, grimpe, trail et vélo, elles avancent côte à côte.Nous avons eu la chance d’échanger avec elles et de retracer chaque étape du chemin.

CAREER MILESTONES

Les premières virages sur les skis pour Marie

Les premières virages sur les skis pour Elsa

Marie commence le ski alpin en compétition au niveau national

À cause d’une grave blessure à ski pour Marie, elle décide d’arrêter les compétitions alpines

Marie reprend du ski avec une approche plus libre et découvre le freeride

Marie se met en compétitions freeride et en gagne 3:

  • FWT Qualifier Verbier 2*
  • FWT Qualifier Nendaz 2*
  • FWT Qualifier Nendaz 3*

Lorsque l’on vous voit skier ensemble, on sent une vraie complicité et beaucoup de naturel. Mais pour revenir au tout début : comment le ski est-il entré dans votre vie ? Quel a été votre chemin jusqu’ici ?

Marie : Le ski a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi avec une famille très sportive qui adore la montagne. J’ai débuté en ski alpin au centre national de Brig, puis je suis passée vers le freeride et le freestyle après un accident. Et maintenant je fais mes premières compétitions freeride.

Elsa : Nos parents sont très sportifs. Notre papa a fait beaucoup de ski étant jeune et nous a très rapidement mis sur des skis, avant nos 2 ans. C’est d’abord notre grand frère Benoit qui a commencé à faire beaucoup de ski alpin et de compétition, puis Marie, puis on s’est tous suivi. Mon frère et ma sœur sont entrés à haut niveau, mais moi je faisais aussi beaucoup de gymnastique aux agrès à côté. J’ai préféré continuer la gymnastique et garder le ski comme plaisir. J’avais aussi beaucoup d’amis par ici et je ne voulais pas être loin tous les week-ends, contrairement à Marie lorsqu’elle était à Brig.

Marie, ton parcours a commencé dans le ski alpin. Qu’est-ce que cette période t’a apportée et qu’est-ce qui t’a donné envie, plus tard, d’explorer autre chose en montagne ?

Marie : Le ski alpin m’a donné une base technique très solide. Avec le temps, j’ai ressenti le besoin de retrouver plus de liberté et d’adrénaline. C’est ce qui m’a poussée vers le freeride et le freestyle.

Il y a aussi eu un accident, qui a marqué un tournant. Sans entrer dans les détails, comment ce moment a-t-il influencé ton rapport au ski et à la performance ?

Marie : Cet accident a en effet marqué un vrai tournant dans mon parcours. Après cette fracture du fémur à Zinal, j’ai fait le choix d’arrêter la compétition de haut niveau en ski alpin. J’ai toujours voulu rester dans le ski mais de manière plus libre et moins axée sur la performance pure.

C’est à ce moment-là que je me suis tournée vers le freestyle et le freeride, cela m’a aussi donné le temps d’apprendre plein d’autres sports.

Elsa, ton parcours est un peu plus discret. Comment as-tu trouvé ta place sur les skis ?

Elsa : J’ai toujours beaucoup skié, mais c’était plus pour le plaisir, quand j’en avais envie, sans obligation. Je faisais déjà beaucoup d’autres sports à côté et pendant mon adolescence j’ai fait plus de gym et de sorties entre amis que de ski. C’est plus tard que c’est revenu, vers mes 20 ans. Marie me disait tous les week-ends “viens à Zinal, viens à Zinal”. Petit à petit, j’ai commencé à la rejoindre, à apprendre à mieux connaître les Kaechs et toute l’équipe de Zinal, et depuis ce moment-là je m’y suis remise à fond et j’ai vraiment commencé à ressentir du bonheur en skiant.

Vous avez grandi côte à côte, sur les skis et en dehors. Est-ce que vous avez toujours skié ensemble ? C’était comment de grandir en montagne ? 

Marie : On a eu des parcours différents, et c’est lorsque j’ai arrêté la compétition de haut niveau que nous avons eu le temps de skier ensemble, à partir de 2020.

Elsa : Petites, on ne s’aimait pas trop et on ne faisait rien ensemble, on se disputait toujours. En grandissant, Marie est partie à Brig, donc elle n’était pas beaucoup là. Moi je vivais mon adolescence de mon côté, mais on ne faisait rien ensemble. C’est seulement à partir de 2020, pendant le Covid – je pense qu’on avait aussi terminé notre période d’ado et qu’on a arrêté de se comparer et de se bagarrer – qu’on a commencé à tout se partager, à avoir les mêmes choses, sans ressentir de compétition entre nous. Avec le même rythme de vie, on s’est rendu compte qu’on s’aimait bien finalement et qu’on s’apportait beaucoup l’une et l’autre, et c’est là qu’on a commencé à tout faire ensemble.

Marie au Redbull Rail Riot 2026.
⸻ depuis 2001

Qu’est-ce que ça apporte d’avoir une sœur à ses côtés en montagne ?

Marie : Avoir une sœur à ses côtés en montagne, ça change beaucoup. On n’est jamais seule, l’organisation est plus simple, et on se comprend sans avoir besoin de parler. En même temps ça peut aussi engendrer du stress, surtout lors de passages à ski plus engagés.

Elsa : C’est une chance. C’est vraiment trop bien, on sait que l’autre est toujours partante. Des fois je me demande ce que je ferais sans elle. Avec des caractères opposés, on se complète vraiment bien dans les deux sens. Elle aime la compétition et moi moins, alors ça me pousse. Elle aime sortir de sa zone de confort et moi moins facilement. Elle aime les sports extrêmes et moi moins. Elle est bordélique, moi pas. Elle n’est pas très sensible, moi beaucoup plus. On est un peu l’ange et le démon, l’introvertie et l’extravertie, et dans les deux sens on arrive à en tirer profit et c’est trop bien. C’est trop bien parce qu’on a souvent la même vision, on sait sans rien se dire, on pense pareil et tout est simple ensemble. On est 100 % honnêtes et on ne voudra jamais tirer l’autre vers le bas ou être devant l’autre. On a un bon équilibre.

Est-ce qu’il y a une petite histoire ou un moment marquant, drôle ou fort, qui vous lie en montagne ?

Marie : Il y en a beaucoup, mais souvent ce sont des moments très simples. On passe tellement de temps ensemble qu’on a développé un vocabulaire propre à nous, avec plein de références qui nous font beaucoup rigoler.

Elsa : On rigole toujours. On passe tellement de temps ensemble que tout notre vocabulaire et nos références sont communs et on a presque un langage codé, ce qui fait qu’on peut vraiment rigoler très facilement sur tout. Dès que l’une de nous fait quelque chose de drôle, on sait que ça va devenir une référence et qu’on l’utilisera pour les prochains mois. Surtout dans notre vocabulaire, avec les réseaux, si on trouve quelque chose de drôle on va l’utiliser tout le temps.

Est-ce que vous avez évolué au même rythme ou chacune à votre manière (comparaison, inspiration, liberté, pression) ?

Marie : On n’a pas évolué exactement au même rythme. C’est moi qui ai commencé le ski en premier et qui l’ai un peu entraînée dans cet univers. Aujourd’hui encore, je lui apprends, autant que possible, ce que je sais faire sur les skis.

Elsa : Vu qu’on s’est rapprochées seulement ces dernières années, on a évolué chacune de notre côté, bien différemment, pour se retrouver maintenant dans un bon équilibre qui nous convient parfaitement.

Qu’est-ce que vous vous êtes apprises mutuellement ? Tant en lien avec le ski que sur vous-mêmes ?

Marie : [Elsa] Elle m’a appris à développer ma capacité à donner de bons conseils et transmettre mes connaissances.

Elsa : Marie voit souvent en moi ce que je ne pense pas être capable de faire. Elle m’apprend ou m’encourage à faire une figure ou autre, à sortir de ma zone de confort en faisant des choses que je pensais ne pas pouvoir faire alors que finalement j’y arrive très bien. Elle le voit souvent avant moi, donc elle me pousse quand il faut, mais elle sait aussi dire non quand ça ne semble pas judicieux ou trop dangereux.

Le style de line de ta sœur en trois mots :

Marie : Doux, casse-cou, contrôlé.

Elsa : Osé, rapide, technique.

On imagine que vos parcours ont évolué avec le temps. Comment décririez-vous aujourd’hui votre rapport au ski et à la notion de performance ?

Marie : Ce qui compte avant tout, ce sont les sensations et le plaisir de passer des journées à ski avec les copains. Cette année, je me lance dans la compétition de freeride, et cela me motive à me pousser encore plus.

Elsa : Comme je l’ai dit plus haut, Marie a pris tout l’esprit de compétition de la famille, mais ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Ce que j’ai retrouvé dans le ski ces dernières années, c’est vraiment cette sensation d’être seule dans sa ligne et de se dire “wow mais comme ça me rend heureuse”, de skier dans la poudre, de rigoler entre amis, d’être au soleil et juste souffler et me dire que c’est pour ces petits moments que je vis.

Vos photos ou vos journées en montagne renvoient une image presque féérique de votre vie, il doit certainement y avoir divers aspects que l’on ne perçoit pas. Qu’est-ce qui reste souvent invisible derrière ce que vous choisissez de montrer ?

Marie : Par exemple, faire 4h20 de train pour venir à Zinal chaque semaine, puis refaire 4h20 le dimanche soir pour rentrer dans des trains bondés. Sur les réseaux, tout paraît souvent simple et beau, mais il y a beaucoup d’organisation, de fatigue et d’engagement derrière. On se donne les moyens pour vivre ces moments en montagne.

Elsa : On est différentes mais complémentaires mais les deux un peu trop perfectionnistes. Sur les réseaux, on est toutes les deux exigeantes et on trie beaucoup. On nous dit souvent qu’on a de la chance, alors que depuis toujours on se donne les moyens. On a travaillé dès nos 15 ans, cumulé études et jobs, fait des kilomètres et des heures de route en une journée pour aller skier et chercher les bons plans pour vivre nos passions et nos voyages sans dépenser tout notre argent. Pour moi ce n’est pas de la chance, c’est de l’engagement et l’envie de se donner les moyens pour faire ce que l’on aime.

Qui êtes-vous quand vous ne ridez pas ?

Marie : Je suis prof de sport dans les écoles professionnelles. Je fais aussi beaucoup d’autres sports, comme le kitesurf, l’escalade et le vélo.

Elsa : Je travaille dans une Fondation à Lausanne qui ouvre des salles de sport gratuitement pour faire bouger les enfants le week-end. Je suis dans le domaine de recherche de fonds, partenariat et communication. J’adore y aller, j’aime travailler pour cette cause et on est une super équipe. Je fais du sport tous les jours, je n’aime pas rester assise chez moi. Chaque jour il faut que je sorte et que je me défoule, j’aime être dans la nature que ce soit à vélo, à faire du trail, en randonnée, à faire de l’escalade… En été, j’adore aussi faire du kitesurf, en vacances au soleil. J’adore l’hiver mais l’été c’est aussi une période que j’aime beaucoup, les journées plus longues, le soleil, le temps plus doux, les soirées d’été.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre le ski, le reste de votre vie et ce qui vous fait du bien hors de la montagne ?

Marie : J’ai trouvé un équilibre en organisant mon travail du lundi au mercredi en hiver. Cela me permet de profiter au maximum du ski, tout en gardant du temps pour faire d’autres sports qui me plaisent et aussi de voir mes copines.

Elsa : C’est une vie à mille à l’heure et de l’organisation, mais c’est aussi ça que j’aime. Je travaille dans un endroit super, où l’ambiance et la confiance sont au rendez- vous et c’est très flexible. Je peux faire des jours de télétravail, je peux m’organiser comme je veux pour mes heures quand je n’ai pas de tâches spécifiques avec des collègues, donc s’il neige à fond et que je veux prendre un jour de congé, je fonce !

Qu’est-ce que représente indi. pour vous, et pourquoi cela fait sens d’y être associées ?

Marie : indi. représente pour moi une grande famille qui partage la même passion pour la montagne et le ski, avec des valeurs dans lesquelles je me reconnais. Le fait que la marque soit née à Zinal lui donne encore plus de sens. Elle représente quelque chose de simple et d’authentique, profondément liée aux endroits où je skie et à ma manière de vivre, la montagne.

Elsa : Une belle équipe, une belle marque qui reflète la joie et le fun, des vêtements de qualité et une liberté de créativité que j’aime énormément. Zinal, un endroit où l’on s’y sent bien.

Nous sommes très heureux·ses de sortir de nouveaux bandanas avec vous deux. C’est votre premier produit signature ? Comment vous sentez-vous par rapport à ça ?

Marie : C’est super spécial pour moi. C’est la première fois qu’un objet porte vraiment quelque chose de personnel. Je me sens fière, mais aussi très reconnaissante de pouvoir partager ça. J’ai trop hâte de les porter !!

Elsa : J’ai tellement hâte. Je suis très créative et j’aime beaucoup le design, créer, les visuels, etc., donc faire quelque chose avec vous et en plus personnalisé et fait pour nous, je ne peux que m’en réjouir.

C’est la première fois qu’on a une opportunité comme ça et on est trop contente que ce soit avec indi.

Qu’est-ce que cet objet représente pour vous, dans votre pratique mais aussi dans votre quotidien ?

Marie : C’est un objet simple, utile et stylé qui vit avec nous. En montagne comme au quotidien, il fait partie de ces choses qu’on emporte sans réfléchir.

Elsa : On peut le prendre partout, ça ne prend pas de place et ça ajoute tout de suite un truc en plus à la tenue, ça va avec tout. On peut le mettre dans plein de sports différents et ça va à tout le monde. Notre maman en a depuis plus de 30 ans et on les porte souvent avec Marie, c’est un peu ce qu’on aimerait aussi ici, les garder des années et des années, qu’ils soient intemporels.

Où est-ce que vous imaginez ces bandanas vivre ?

Marie : Sur les skis, en rando, dans un sac à dos, autour du cou, en voyage. Un peu partout, là où il y a du mouvement.

Elsa : Partout, à la montagne, au soleil, dans la neige, l’été, l’hiver. L’accessoire qu’on prend un peu partout même si on n’est pas sûre de le porter finalement. Même sur un sac ou autre, ça donne tout de suite quelque chose. Vivre des sensations et des aventures.

Sur quoi vous concentrez-vous en ce moment, sportivement et personnellement ?

Marie : En ce moment, j’essaie surtout de trouver un équilibre entre le travail et le fait de pouvoir pratiquer le plus de sport possible, tout en profitant un maximum de chaque moment.

Elsa : Trouver un équilibre entre vie perso, travail et sport. Trouver une stabilité et du bonheur dans un équilibre et de la flexibilité et surtout continuer d’être dehors, de prendre les opportunités qui s’offrent et de vivre.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus pour la suite ?

Marie : Continuer à évoluer, partager plus, et rester fidèle à ce que j’aime vraiment.

Elsa : Créer ensemble, faire des projets autant sur du textile que des projets d’aventure et d’outdoor. J’ai hâte de voir la suite.

Un dernier petit mot pour nos lecteurs et lectrices ? Quelque chose que vous aimeriez ajouter ?

Elsa : indi, c’est un sentiment de famille, et c’est trop beau.

Et pour terminer : complétez cette phrase : “Une journée parfaite en montagne, c’est…”

Marie : Du soleil, des copains, et de la poudreuse.

Elsa : Le soleil, les amis, des rires et du bonheur.


Ce qui rend Marie et Elsa fortes, ce n’est pas d’avoir suivi le même chemin. C’est d’avoir appris à marcher côte à côte. Entre compétition et liberté, exigence et spontanéité, elles ont trouvé un équilibre qui leur ressemble. Un équilibre construit avec le temps, les kilomètres, les remises en question – et beaucoup de rires.

Leurs différences sont devenues leur force. Leur passé, leur terrain commun. Et la montagne, ce lieu où tout finit par se rejoindre.

Et si leurs bandanas portent désormais leur signature, c’est peut-être parce qu’ils symbolisent exactement cela : avancer ensemble, avec simplicité, caractère et fidélité. On se réjouit de continuer à les voir évoluer – en montagne, et bien au-delà.

Elle voit souvent en moi ce que je ne pense pas être capable de faire. Elle m’apprend ou m’encourage à faire une figure ou autre, à sortir de ma zone de confort en faisant des choses que je pensais ne pas pouvoir faire alors que finalement j’y arrive très bien.

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